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PERE (le) PARTIAL [Auszug]
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PERE (le) PARTIAL PERE (le) PARTIAL, Canevas Italien en cinq actes, mêlé de scénes Françoises, par M. Ric coboni le pere, représenté pour la premiére fois le Dimanche 29 Mai 1718.
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Les Comédiens Italiens représenterent pour la premiére Fois, Dimanche 29 Mai, le Pere partial, piéce nouvelle en cinq actes, avec des scénes Françoises. En voici le sujet. Lélio Gentilhomme l'errarois, érant allé s'établir à Venise après la mort de sa femme, y améne avec lui, (Mario) son fils, (Flami nia) sa fille. Celle ci étant l'objet de son a{ff ??}ec tion, il n'a des yeux que pour elle, il la previent
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sur tout. Le fils au contraire est l'objet de son indifférence & même de son indignation; il ne peut le souffrir: l'inclination qu'il a pour les manieres de France où il a séjourné quel que temps, devient encore un sujet de division entre lui & son fils; car celui-ci connoissant d'autres mœurs que celles d'Italie, se trouve souvent d'un sentiment opposé à celui de son pere, au lieu que Flaminia qui trouve son compte dans la liberté françoise, l'entretient dans l'opinion qu'il a que c'est là la vraye & la bonne maniere de vivre. Par cette adresse, elle avoit la permission d'aller aux bals, aux specta cles, aux promenades; & la solitude dans la- quelle les femmes vivent ordinairement en Italie, n'étoit point du tout en usage chez elle.
Un jeune homme, nommé Silvio, qui étoit dans le service de France, & qui s'en {r??}etour noit à Boulogne, pour y retrouver un oncle qu'il n'avoit vû depuis longtemps, en passant par Venise, vit un jour Flaminia dans un bal: son esprit & ses manieres le charmerent, & il en devint éperduement amoureux. Il n'avoit pû sçavoir qui elle étoit, car comme elle sça voit parler François, & que ce Cavalier avoit été annoncé comme François dans l'assem blée, elle s'étoit servie de cette langue pour se mieux déguiser: il ne laissa pas cependant que de découvrir sa demeure, & depuis ce jour il cherchoit avec empressement l'occasion de la revoir, lorsque le hazard lui fit rencontrer Violette, suivante de Flaminia, qui l'avoit accompagnée au Bal: il faisit ce moment
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heureux, lui demande des nouvelles de sa Maî tresse, & apprend avec un plaisir infini qu'elle réprnd à l'empressement qu'il a de la voir, & à son amour. Mais Mario, qui avoit vû roder ce Cavalier autour de sa maison, arrive dans ce temps-la avec Arlequin son valet, & s'em porte si haut contre Violette & Silvio, que Lélio sort de chez lui pour sçavoir le sujet du bruit qu'il entend: Violette s'excuse, & Silvio fait si bien, que Lélio apprenant de lui qu'il est François, gronde fort son fils, & fait en même temps beaucoup de civilités au jeune Cavalier, en lui offrant de le présenter à sa fil le, quoiqu'elle soit encore à sa toilette. Silvio qui n'auroit jamais osé espérer une telle fa veur, accepte ses offres. Mario veut s'y oppo ser, mais Lélio irrité d'une pareille audace, le chasse & lui défend de mettre le pied dans sa maison. Voilà donc le prétendu François jouis sant du plaisir de voir sa chere Flaminia, & de se trouver à sa toilette; mais son bonheur fut bientôt interrompu par l'arrivée d'un nommé Pantalon, oncle de Flaminia & beau-frere de Lélio. Cet homme, Italien de la vieille roche, averti par son neveu Mario de ce qui se passoit chez son pere, y vient aussitôt pour s'en éclair cir, & voyant qu'on ne lui en avoit point im posé, s'emporte contre son beau-frere: Silvio veut sortir, mais Flaminia, en fille adroite, & qui craint que son pere ne souscrive aux sentiments de Pantalon, feint de laisser couler des larmes, & dit à son pere que pour le met tre à couvert des chagrins qu'il reçoit tous les jours pour elle de son oncle & de son frere,
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elle a résolu de se retirer un Couvent, & qu'elle le prie d'y consentir. Lélio attendri par les armes de sa fille, dit à son beau-frere qu'il prétend être le Maître dans sa maison, & que pour le lui mieux prouver, il veut que ce Gentilhomme, non seulement rende visite à sa fille, mais encore qu'il prenne un logement chez lui, & que ceux qui ne le trouveront pas bon, n'auront qu'à rester chez eux. Ce compliment mettoit Pantalon & Marion dans un terrible embarras. Selon eux, c'étoit faire entrer le loup dans la bergerie: ainsi il étoit à propos de trouver quelque reméde à ce mal; mais le préoccupation où ils étoient, leur em pêcha d'en trouver un bon. Il fut résolu d'en voyer Arlequin demander pardon à Lélio, & de faire ensorte qu'il pût rentrer chez lui, afin d'observer les action & les paroles du jeune François & de Flaminia, mais ils n'a voient pas prévû que comme ces deux amans parloient françois, Arlequin se trouvoit aussi peu avancé que s'il n'eut point été présent à leur conversation.
Nos deux amans jouissoient en paix du plaisir de s'aimer & de se le dire; ils s'étoient juré une fidélité éternelle, lorsqu'un contre temps imprévû pens les séparer pour jamais. Le Docteur oncle du jeune Silvio, ayant ap pris que l'on avoit vû son neveu à Venise, éroit parti de Boulogne pour s'y rendre. Com me il connoissoit Pantalon, il s'adressa d'abord a lui pour s'en informer; mais celui-ci ne pou vant lui en donner des nouvelles; le Docteur désespéroit presque de retrouver son neveu,
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lorsque le hazard lui procura ce que ses soins n'avoient pûlui faire découvrir; je veux dire qu'il le reconnut rentrant chez Lélio. Il en aver{rir??} aussitôt son ami Pantalon, & le prie de lui faire avoir une entrevûe avec Silvio. Pantalon qui ne souhaitoit rien tant que de retirer ce jeune homme d'auprès de sa niéce, lui accorde volontiers cette grace; mais quel le fut la surprise du Docteur, lorsque son ne veu reste tout interdit en le voyant? Ce jeune homme qui avoit Lélio pour témoin de ses actions, jugea bien que s'il reconnoissooit son oncle, il seroit regardé comme un imposteur, & séparé de sa chere Flaminia. Cependant l'oncle pressoit, il falloit répondre, & son silence alloit le condamner, lorsque Scapin son valet le tire de cet embarras: il prit Lélio à part, & lui dit que ce bon homme n'étoit point oncle de Silvio, mais qu'il s'imagine l'être: que la cervelle lui a tourné par la mort d'un neveu qui avoit servi en France; que depuis ce temps là, il prend tous les jeunes gens qui parlent François, pour ce cher neveu, & que comme Silvio a déja été une fois à Boulogne en butte à cette folie, son embarras ne vient que de ce qu'il se voit encore aujour d'hui exposé à de nouvelles persécutions. Lé lio donne dans cette fable, & trouve effecti vement quelque chose d'égaré dans la phisio nomie de ce bon homme: mais enfin celui ci parle si sensément, qu'il persuade à Lélio qu'on le trompe, & que lui Docteur est véri tablement oncle de Silvio, & que ce jeune homme est Italien, & non pas François. Pour
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mieux s'assurer du fait, Pantalon propose qu'il n'y a qu'à laisser seuls l'oncle & le neveu, pendant que de leur côté ils observeront de quelque endroit prochain ce qui se passera en tr'eux. Ce piége tendu, Silvio y donna, com me de raison. Lélio & son beau-frere le sur prennent, même parlant Italien avec son on cle, & par leur présence le couvrent de con fusion. Flaminia qui apprend cette fourberie, s'emporte aussi contre lui, mais Silvio s'excu se si bien, & lui dit des choses si touchantes, qu'elle n'a pas de peine à lui pardonner. Ce pendant, comme ils avoient pour témoins leurs deux oncles & Arlequin, Flaminia s'avi sa d'une rude. Elle dit à Silvio que, quoiqu'ils parlassent d'une langue étrangere, leurs gestes, leurs tons, pourroient les trahir, & qu'ainsi il falloit prendre un air & un ton faché, pour leur donner le change. En effet, ces trois es pions paroissent charmés de voir des gestes de colere & de menaces, dans le temps néan moins que ces deux Amans se juroient de s'ai mer toûjours, & s' engageoient par des ser mens réciproques de n'être jamais à d'autre. c'est l'ordinaire des amans de ne penser qu'au présent, & non point du tout à l'avenir; ceux- ci étoient dans le cas: le Docteur pressoit son neveu de partir avec lui, & Flaminia se voyoit à la veille d'épouser malgré elle le Comte Octavio, à qui son pere l'avoit destinée. Il falloit cependant se voir, pour se tirer l'un & l'autre de l'embarras où ols se trouvoient: ce qui eut été impossible si l'esprit de Flaminia n'y eut suppléé {??} par une nouvelle ruse. Elle
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demande à voir encore une fois Silvio, & sous prétexte de lui rendre les lettres qu'elle sei gnoit avoir reçues de lui, elle lui donne une, par laquelle elle l'instruisoit de ce qu'il falloit qu'il {fit??}, & cela, en présence de son pere, de son oncle amp; de l'oncle de Silvio. Ce jeune homme charmé, sort pour éxécuter le dessein de Flaminia, qui de son côté va se ren dre dans l'endroit qu'elle a marqué à Silvio. Jusques-là tout le monde étoit bien content, mais cela changea bientôt. Arlequin qui étoit allé accompagner Flaminia par l'ordre de Lé lio, revient peu de temps après, & lui apprend que sa fille s'est fait enlever, & que le faux cavalier François est son ravisseur. Quel coup de foudre pour lui, & en même temps quelles réflexions ne fait il pas sur sa partialité? Il déplore sa disgrace, lorsque son beau-frere vient lui dire, qu'en allant à sa maison de cam pagne, il a apperçu sa niéce & son amant dans une gondole, qu'il a fait arrêter, & que sur le champ il a fait mettre le ravisseur en prison, & sa niéce dans sa maison, où il l'a fait enfer mer jusqu'à ce qu'ils décidassent ce qu'ils en feroient- Lélio témoigne à son beau-frere sa reconnoissance, & lui avoue son injustice pour son fils, qui venant à arriver dans ce temps- là, est reçu avec toute la tendresse imaginable: il demande la grace de sa sœur; mais Lélio outré contre elle, la lui refuse, & déclare qu'il veut absolument qu'elle soit enfermée pour le reste de ses jours; parce que dit-il, ce seroit une récompense, & non pas une puni tion pour elle, que de lui laisser épouser son amant.
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Il est extraordinaire qu'une Comédie finisse sans mariage & sans gayeté: c'est pourquoi dans celle ci, lorsque Acteur rêvoit pour an noncer, Arlequin l'arrêtoit & lui demandoit si la Comédie étoit finie, & s'il ne sçavoit pas que selon les bonnes régles d'Aristote, une Comédie ne devoit point finir comme une Tragédie, par de la morale & de la tristesse: que l'Auteur auroit dû tout au moins faire pa roître le ravisseur, afin qu'il fut traité comme il le méritoit, ou du moins son valet. Dans ce moment, Scapin valet de Silvio, paroît con duit par les Sbirres, & Arlequin saisissant l'oc casion de finir la Comédie joyeusement, tom be sur le pauvre Scapin & sur les Sbirres, les bâtonne tous d'importance, & vient ensuite dire au parterre que pour lors la Comédie est finie dans les régles. Mercure du mois de Juin 1718. p. 89-97.


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