<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:id="edoc_ed000146_fg_lisle_astrologue_org">
  
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>ARLEQUIN Astrologue [Auszug]</title>
        <author>Louis-François Delisle de La Drevetière</author>
        <respStmt>
          <resp>Digitale Edition </resp>
          <name>Marcus Baumgarten </name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>Projektleitung </resp>
          <name>Dr. Helmut Berthold </name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>Herausgegeben von </resp>
          <name type="org">Lessing Akademie </name>
        </respStmt>
        <funder>Stiftung Nord/LB - Öffentliche</funder>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Digitale Edition der Übersetzungen Lessings</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>
          <name type="org">Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel </name>
          <address>
                        <street>Lessingplatz 1 </street>
                        <name type="city">Wolfenbüttel </name>
                        <postCode>D-38299 </postCode>
                        <name type="country">Germany </name>
                    </address>
        </publisher>
        <date when="2013" type="issued">2013</date>
        <date type="digitised"/>
        <distributor>Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel </distributor>
        <availability status="restricted">
          <p>Herzog August Bibliothek Wolfenbüttel ( <ref target="http://diglib.hab.de/?link=012">copyright information </ref>)
          </p>
        </availability>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <biblStruct xml:lang="fr">
          <monogr>
            <title>Dictionnaire des Theatres de Paris</title>
            <title type="sub">Tome 1.</title>
            <imprint>
              <pubPlace>Paris</pubPlace>
              
              <date when="1767">1767</date>
              <biblScope>
                S. 191-196.
              </biblScope>
            </imprint>
          </monogr>
        </biblStruct>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
     <div> <pb n="191"/>
      
        <head>ARLEQUIN <hi rend="italic">Astrologue</hi>
      
        <lb/>ARLEQUIN <hi rend="italic">Astrologue</hi>, Comédie Françoise
        <lb/>en prose &amp; en trois actes, au Théatre Italien,
        <lb/>par M. <hi rend="italic">de Lisle</hi>, le Mardi 13 Mai 1727. non
        <lb/>imprimée.
        </head>
      <p xml:id="lisle_astrologue_org003">
        <lb/><q>Les Comédiens Italiens donnerent le 13
          <lb/>Mai 1727. la premiére représentation d'une
          <lb/>Comédie en prose &amp; en trois petits actes, in
          <lb rend="trennstrich"/>titulée <hi rend="italic">Arlequin Astrologue</hi>, dont l'Auteur
          <lb/>est Anonyme. Nous en allons donner un
          <lb/>extrait pour satisfaire à nos obligations.</q>
          
      </p>
      <p xml:id="lisle_astrologue_org004"><q>
        <lb/><hi rend="gesperrt">ACTE I</hi>.
        
        <lb/>Arlequin commence l'acte, il cherche
        <lb/>Eraste son maître, qui s'est soustrait à ses
        <lb/>yeux depuis quelques jours. Il le trouve dé
        <lb rend="trennstrich"/>guisé en Jardinier, au service de Doriméne,
        <lb/>sous le nom de Lucas. Il ne le reconnoît pas
        <lb/>sous ce travestissement, ce qui lui donne lieu
        <lb/>de croire qu'il ne sera pas reconnu de Dori
        <lb rend="trennstrich"/>mene ni de Julie. C'est une Précaution que
        <lb/>l'Auteur a prise pour répondre d'avance aux
        <lb/>objections que les Critiques pourroient lui
        <lb/>faire sur cela. Ce n'est pas à nous à décider si
        <lb/>ces objections seroient bien ou mal sondées,
        <lb/>on ne dispute point sur les faits, c'en est un
        <lb/>qu'Eraste n'a pas été reconnu de son propre
        <pb n="192"/>
        <lb/>valet. L'Auteur fait entendre par-là, que la
        <lb/>raison doit se taire, où l'expérience parle.
        <lb/>Eraste rend compte à Arlequin du sujet qui
        <lb/>l'a obligé de venir se mettre au service de
        <lb/>Dorimene, en qualité de Jardinier. Dorimene
        <lb/>veut marier Julie à Oronte, &amp; c'est pour
        <lb/>rompre ce mariage qu'Eraste s'est travesti. Il
        <lb/>propose à Arlequin de se travestir lui même
        <lb/>en Astrologue, pour en imposer à Dorimene,
        <lb/>qui ajoûte beaucoup de foi aux Devins. Pour
        <lb/>mieux engager Arlequin à le servir dans ce
        <lb/>déguisement, il le prend par son foible. Arle
        <lb rend="trennstrich"/>quin est amoureux de Colombine, qu'il soup
        <lb rend="trennstrich"/>çonne d'aimer Trivelin, valet d'Oronte, que
        <lb/>Dorimene destine à Julie sa fille. Eraste em
        <lb rend="trennstrich"/>méne Arlequin, pour l'empécher de se mon
        <lb rend="trennstrich"/>trer à qui que ce soit. Ils vont au Cabaret pour
        <lb/>prendre leurs mesures pour le stratagéme
        <lb/>qu'Eraste a imaginé. Dorimene vient avec
        <lb/>Julie, dans le temps qu'Eraste &amp; Arlequin se
        <lb/>retirent. Elle se prévaut de l'ingénuité de sa
        <lb/>fille, pour pénétrer ce qui se passe dans son
        <lb/>cœur. Julie lui avoue naturellement qu'elle
        <lb/>ne veut point d'Oronte pour mari, parce
        <lb/>qu'elle a fait choix d'un amant, qui est plus de
        <lb/>son goût. Elle lui dit qu'Eraste est cet Amant
        <lb/>préféré, &amp; qu'elle croît avoir bien choisi,
        <lb/>puisqu'elle a suffisamment éprouvé sa cons
        <lb rend="trennstrich"/>tance, avant que de lui faire connoître le
        <lb/>progrès qu'il a fait sur son cœur. Dorimene
        <lb/>qui n'aime pas moins Eraste que sa fille, &amp;
        <lb/>qui ne lui a interdit l'entrée de sa maison, que
        <lb/>parce que Julie l'emportoit sur elle dans son
        <lb/>cœur, lui défend de penser à Eraste, &amp; lui
        <pb n="193"/>
        <lb/>ordonne de se preparer à recevoir la main
        <lb/>d'Oronte, dont les richesses la rendront heu
        <lb rend="trennstrich"/>reuse. Oronte vient, Dorimene fait retirer sa
        <lb/>fille, Julie lui obéit, mais elle fait entendre
        <lb/>par un <hi rend="italic">à parte</hi>, qu'elle va se cacher dans un
        <lb/>lieu d'où elle puisse entende la conversation
        <lb/>de sa mere &amp; du vieux époux qu'elle lui des
        <lb rend="trennstrich"/>tine. Dorimene dit à Oronte qu'elle trouve
        <lb/>beaucoup de résistance dans le cœur de Julie,
        <lb/>au sujet du mariage dont elle vient de lui par
        <lb rend="trennstrich"/>ler. Oronte se promet de lever tous les obsta
        <lb rend="trennstrich"/>cles à la faveur de ses richesses. Dorimene le
        <lb/>quitte, pour aller donner ordre à quelques
        <lb/>affaires. Julie vient un moment après; elle dit
        <lb/>à Oronte qu'elle a entendu toute la conversa
        <lb rend="trennstrich"/>tion qu'il vient d'avoir avec sa mere: elle
        <lb/>ajoûte que Dorimene se trompe fort: Oronte
        <lb/>se flatte que ses paroles lui sont favorables, &amp;
        <lb/>qu'il n'est pas aussi désagréable aux yeux de
        <lb/>Julie que sa mere le croît. Mais Julie ne le
        <lb/>laisse pas longtemps dans cette erreur; &amp; sans
        <lb/>s'expliquer en termes ambigus, elle lui déclare
        <lb/>qu'elle ne l'aime point, &amp; qu'elle ne l'aimera
        <lb/>jamais. Elle se retire après un aveu si sincère:
        <lb/>Oronte est un peu déconcerté, mais il ne perd
        <lb/>point espérance.</q>
        
      </p>
      <p xml:id="lisle_astrologue_org005">
        <lb/><hi rend="gesperrt">ACTE II</hi>.
        
        <lb/><q>Arlequin, malgré la défense qu'Eraste lui
        <lb/>a faite de se montrer avant son travestissement
        <lb/>en Astrologue, ne peut résister au desir qu'il
        <lb/>a de parler à Colombine, pour sçavoir si elle
        <lb/>lui préfére Trivelin. Colombine vient, elle
        <pb n="194"/>
        <lb/>n'est pas trop aise de le voir, parce qu'elle
        <lb/>aime son rival. Mais elle dissimule son mécon
        <lb rend="trennstrich"/>tentement: elle lui demande des nouvelles
        <lb/>d'Eraste, &amp; lui dit que tout absent qu'il est,
        <lb/>il est toûjours présent au souvenir de Julie,
        <lb/>dont il est tendrement aimé. Arlequin lui
        <lb/>répond qu'il n'est plus valet d'Eraste, &amp; qu'il
        <lb/>a trouvé un Maître qui vaut infiniment
        <lb/>mieux. Il lui dit qu'il est présentement au
        <lb/>service du grand Astrologue Beniscraque,
        <lb/>dont le pouvoir est sans bornes. Il fait enten
        <lb rend="trennstrich"/>dre par-là à Colombine, qui si Trivelin est
        <lb/>assez téméraire pour lui disputer son cœur,
        <lb/>il le fera danser au milieu des airs, par le
        <lb/>secours de quelques Lutins, que son Maître
        <lb/>lui prétera. Colombine, faisie d'effroi prend
        <lb/>le parti de dissimuler, elle lui jure qu'elle ne
        <lb/>peut souffrir Trivelin, &amp; qu'elle n'aime que
        <lb/>lui. Eraste arrive, toujours déguisé en Jardi
        <lb rend="trennstrich"/>nier: il est en colere contre Arlequin, &amp; le
        <lb/>menace tout bas de le punir de sa désobéissan
        <lb rend="trennstrich"/>ce. Arlequin seignant de le méconnoître, le
        <lb/>prend avec lui sur un ton convenable à un
        <lb/>homme qui est au service du grand Beniscra
        <lb rend="trennstrich"/>que, &amp; qui n'a affaire qu'à Lucas. Arlequin
        <lb/>sort pour s'aller travestir: le feint Jardinier
        <lb/>apprend de Colombine que Julie a refusé la
        <lb/>main d'Oronte, parce qu'elle aime un jeune
        <lb/>Amant, qui s'appelle Eraste. Le faux Jardi
        <lb rend="trennstrich"/>nier lui dit qu'il servira Julie dans cet amour,
        <lb/>autant qu'il dépendra de lui. Julie vient, elle
        <lb/>lui témoigne une grande envie d'entretenir
        <lb/>l'Astrologue avant sa mere, elle prie Lucas
        <lb/>de ne point l'abandonner, parce qu'elle craint
        <pb n="195"/>
        <lb/>ces sortes de gens qui ont commerce avec les
        <lb/>démons; Eraste la met adroitement sur le
        <lb/>chapitre de ses amours secrétes, &amp; a le plaisir
        <lb/>d'apprendre qu'il est aimé au-delà de toutes
        <lb/>ses espérances. Il lui donne la main pour la
        <lb/>conduire auprès de Beniscraque, dont Dori
        <lb rend="trennstrich"/>mene attend l'arrivée avec impatience.</q>
        
      </p>
      <p xml:id="lisle_astrologue_org006">
        <lb/><hi rend="gesperrt">ACTE III</hi>.
        
        <lb/><q>La premiére scéne de ce dernier acte est
        <lb/>entre Trivelin &amp; Arlequin déguisé en Astro
        <lb rend="trennstrich"/>logue. Arlequin fait tant de frayeur à Trive
        <lb rend="trennstrich"/>lin, qu'il l'oblige à lui promettre de renoncer
        <lb/>à Colombine; le prétexte que le feint Benis
        <lb rend="trennstrich"/>craque prend pour exiger de Trivelin cette re
        <lb rend="trennstrich"/>nonciation, c'est qu'il a pris Arlequin sous sa
        <lb/>protection, parce qu'il est a son service. Tri
        <lb rend="trennstrich"/>velin se retire tout tremblant, &amp; jure de ne
        <lb/>plus s'exposer à pareil danger. Dorimene &amp;
        <lb/>Oronte viennent consulter l'Astrologue;
        <lb/>Oronte n'est pas à beaucoup près si crédule
        <lb/>que Dorimene. Beniscraque les fait retirer
        <lb/>tous deux, &amp; veut commencer par Colom
        <lb rend="trennstrich"/>bine, qui demande aussi à le consulter: Elle
        <lb/>fait entendre à Beniscraque qu'elle a deux
        <lb/>Amans, mais qu'elle n'en aime qu'un: elle
        <lb/>ajoûte qu'elle est obligée de cacher le secret de
        <lb/>son cœur, parce que le Maître de celui qu'elle
        <lb/>n'aime point est dans cette maison. Elle veut
        <lb/>parler de Beniscraque, parce qu'Arlequin lui
        <lb/>a dit dans le premier acte, qu'il s'est mis au
        <lb/>service de ce célébre Astrologue. Arlequin
        <lb/>prend le change, &amp; croit qu'elle parle de
        <pb n="196"/>
        <lb/>Trivelin, qui est au service d'Oronte. Cette
        <lb/>équivoque donne une grande joye à Arle
        <lb rend="trennstrich"/>quin, mais il est bientôt détrompé. Colombi
        <lb rend="trennstrich"/>ne lui dit que c'est Trivelin qu'elle aime. Ar
        <lb rend="trennstrich"/>lequin ne peut se contenir, il jette sa barbe &amp;
        <lb/>sa robe par terre, &amp; se fait reconnoître à Co
        <lb rend="trennstrich"/>lombine, pour cet amant à qui elle a l'injusti
        <lb rend="trennstrich"/>ce de préférer Trivelin. Au bruit des injures
        <lb/>qu'il dit à Colombine, Dorimene, Oronte
        <lb/>&amp; le faux Lucas viennent: il sont fort éton
        <lb rend="trennstrich"/>nés de trouver Arlequin au lieu de Beniscra
        <lb rend="trennstrich"/>que. D'abord cette balourdise détruit le stra
        <lb rend="trennstrich"/>tagême d'Eraste; mais tout est bientôt rac
        <lb rend="trennstrich"/>commodé. Oronte apprenant que Julie aime
        <lb/>Eraste, &amp; voyant cet amant aimé travesti
        <lb/>chez sa future épouse, renonce à un hymen si
        <lb/>dangereux pour lui, &amp; Dorimene après un
        <lb/>tel éclat, prend sagement le parti de consen
        <lb rend="trennstrich"/>tir au mariage de sa fille avec Eraste, à qui elle
        <lb/>promet son amitié. Arlequin se trouve seul
        <lb/>malheureux, mais il n'en peut accuser que
        <lb/>lui-même</q>. <hi rend="italic">Merc. der France, mois de Juin
        <lb/>1727. II. vol. pag. 1438.1445</hi>.
      </p></div>
    </body>
  </text>
</TEI>
